EOLIENNE 07

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>> Sablières et Saint–Pierre / Saint–Jean descriptif

vendredi 2 janvier 2009


Le projet de centrale éolienne de Sablières et Saint–Pierre / Saint–Jean

La Corniche du Vivarais cévenol, un des sites qui font de l’Ardèche méridionale une région d’exception, est aujourd’hui, à nouveau, sous le coup d’une menace gravissime, celle d’un projet de centrale éolienne de grande ampleur.

Avant d’aborder les caractéristiques de ce dossier et l’impact irrémédiable qu’il aurait sur l’Environnement au sens large, il est bon de rappeler succinctement ce qu’est la Corniche, dans les faits et dans les esprits.

Dans les faits d’abord, la Corniche du Vivarais cévenol c’est une longue crête d’une douzaine de kilomètres s’élevant depuis le village de Planzolles jusqu’au plateau boisé du Chap del Bosc à 1100 m. d’altitude en passant par les communes de Saint-André Lachamp et Faugères, le site de Peyre où la centrale est projetée sur Saint-Jean de Pourcharesse et Sablières puis les communes de Malarce / Thines et Montselgues.

Depuis cette corniche et la route touristique qui la parcourt ainsi que de nombreux chemins de randonnée dont le GR4, on découvre la quasi-totalité des paysages qui valent à cette région montagneuse du sud de l’Ardèche la notoriété qui est la sienne bien au-delà de nos frontières. Ce sont les plaines du bas-Vivarais, les massifs du Serre de Barre, du Lozère, de Prataubérat, du Tanargue, de la tour de Brison et de la Cham du Cros mais aussi les vallées de la Drobie et de la Thine avec leur habitat remarquable et leurs monuments historiques dont l’église romane de Thines classée par Prosper Mérimée.

Bien entendu, tous ces sites sont reconnus dans l’ensemble des documents existants en tant que paysages « remarquables », « exceptionnels », « emblématiques ». La Corniche elle-même, et notamment l’emplacement de la centrale éolienne projetée, est incluse dans la zone périphérique du Parc National des Cévennes réserve de biosphère, et classée « crête emblématique » dans le Schéma éolien de l’Ardèche (de la Préfecture) et « Espace naturel sensible prioritaire » par le Conseil général. Si l’on ajoute à cela le fait que la corniche est, au travers de ses zones de contacts entre grès, schistes et granites, un livre ouvert sur la géologie cévenole, on aura une idée plus précise de son exceptionnalité paysagère et physique.

Mais la Corniche du Vivarais cévenol c’est aussi un espace où l’esprit trouve son compte. De tous les temps, l’homme a su y vivre, en vivre, sans jamais affecter son intégrité si ce n’est par quelques aménagements ou constructions qui prennent désormais valeur préhistorique et historique. Ces vestiges générateurs de réflexion et de respect, ce sont des sépultures en coffres des premiers pasteurs néolithiques, leurs menhirs et autres pierres levées, l’extraordinaire portion de la voie romaine à ornières de Saint Jean de Pourcharesse, les bâtiments de l’auberge de Peyre citée dans les textes dès 1251 puis au XV° et XVI° siècles. Ce sont aussi, plus proches de nous, les bergeries de Beauregard, Belair, la Bombine, la Fouette, ces haltes célèbres sur la grande draille de transhumance entre le sud du pays et la haute Ardèche et la Haute-Loire. Enfin, la Corniche c’est la nature cévenole sauvage et rude, écrasée de chaleur l’été, balayée par la burle en hiver et vantée très au-delà d’ici comme un des derniers sites de vrai resourcement de notre continent.

Le projet de Sablières/Saint-Jean qui nous préoccupe aujourd’hui constitue la troisième tentative d’implantation d’éoliennes sur la Corniche du Vivarais cévenol.

En 2002 déjà, à proximité immédiate du village de Montselgues, un projet avait vu le jour qui fut refusé deux années plus tard par M. le préfet de l’Ardèche après une forte mobilisation initiée par une association locale. Cette décision de bon sens prend une valeur particulièrement édifiante quand on sait que Montselgues a, depuis lors, fait l’objet d’une inscription à un programme européen Life-Nature et bénéficie de plusieurs centaines de milliers d’euros pour la protection de ses paysages (tourbières) et de sa faune (chauve-souris) ! Ainsi, était reconnue une première fois l’importance symbolique de cette région cévenole.

Faisant suite à ce premier dossier un nouveau projet, beaucoup plus ambitieux, devait être rapidement déposé. Il portait cette fois, à l’initiative de la communauté de communes des Cévennes vivaroises, sur trois sites distincts mais voisins de la Corniche. En mars 2005, la commission départementale des sites et paysages rejetait, après avis circonstanciés et unanimes des services de l’Etat, chacun des trois projets en rappelant toute la valeur du site dans son ensemble et la nécessité de le préserver. Sans attendre un rejet, inéluctable cette fois encore, les trois permis de construire étaient purement et simplement retirés par leurs promoteurs.

Quelques mois plus tard cependant, un nouveau projet voyait le jour. Présenté comme un aménagement « réfléchi » d’un des trois précédents rejetés (on admirera la nuance quand on saura que, là où six éoliennes étaient envisagées ce sont désormais neuf machines plus hautes et plus puissantes qui sont prévues), il était examiné en février 2006 par la commission des sites. Invoquant essentiellement le fait que le Parc Naturel Régional des monts d’Ardèche venait, dans son schéma de développement éolien, de déclasser l’infime partie de la Corniche correspondant au projet, la commission émettait alors un avis favorable et le permis de construire était accordé en mars 2007. Cette dernière décision fait, actuellement, l’objet de deux recours devant le Tribunal Administratif de Lyon.

* * *

La Corniche du Vivarais cévenol, comme beaucoup d’autres sites remarquables de l’Ardèche, est, on le voit, l’objet des appétits sans freins des tenants de l’industrie éolienne. Des projets, autres que celui dont il vient d’être question, sont toujours évoqués. Ainsi la communauté de communes Beaume-Drobie rappelait-t-elle, il y a peu, que des implantations étaient possibles sur « le sommet du Tanargue », « le plateau de Prataubérat », « le Plat de la Forêt » (toujours sur la Corniche), ou encore sur le plateau calcaire des « Gras de Joyeuse-Chandolas ». Elle précisait même qu’un comité de pilotage chargé de réfléchir à la mise en place d’une ZDE sur un territoire couvrant 46 communes avait été créé en 2006 ! Une telle démesure dans l’inutile ne peut qu’inquiéter profondément tous ceux qui sont attachés à la préservation des beautés exceptionnelles de notre département, et impose la vigilance et la détermination.

A.P.P.P.E - Auberge de Peyre - Saint-Jean de Pourcharesse


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